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l’art chrétien.
scène de triomphe, à laquelle tout participe exceptéla figure principale, bien que tout se rapporte à elleet que sa main soit occupée à tracer sa glorificationfuture; mais on voit que son regard s’arrête en deçàde cet avenir. En vain l’Enfant Jésus, montrant dudoigt le dernier verset écrit par elle : Ecce enimbeatam me dicent omnes generationes, semble vou-loir la consoler par 1’applicatfon tacite de ces pa-roles prophétiques. Plus il fixe tendrement les yeuxsur elle, plus ses pressentiments maternels se ré- 'veillent, et de là vient cette invincible mélancoliequi, indépendamment de la perfection technique,répand un tel charme sur cette composition, à la-quelle l’artiste avait préludé par plusieurs essaissuccessifs, exprimant, à des degrés divers, la mêmepensée. On trouve plusieurs de ces préludes à Flo-rence même. Il y en a trois ou quatre en Angleterre,dont le plus intéressant fait partie de la collectiondu duc d’Aumale. Mais il y en a un plus intéressantencore; c’est celui du Musée du Louvre, dont l’exé-cution dut précéder immédiatement celle du chef-d’œuvre que nous avons essayé de décrire. Le sujetest le même, la Vierge écrivant le Magnificat; mais,outre que l’exécution n’en est pas si parfaite, il y aplusieurs différences dans l’agencement même despersonnages, et l’on voit que l’idée de ce rapportsi touchant entre l’Enfant Jésus et sa Mère, ne s’é-tait pas encore présenté à l’imagination de l’artiste.
Il est impossible d’assigner une date précise oumême approximative aux divers ouvrages que nous