DISCIPLES DE S AV ON A ROLE.
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autre peintre n’a su rendre aussi bien que Botticelli.Cette peinture est d’autant plus précieuse, qu’on n’enpeut guère signaler qu’une ou deux autres dans leséglises de Florence (i); et cette rareté tient moinsaux ravages exercés par le temps ou par les hommesqua l’immense quantité d’images de dévotion qu’ilexécuta pour les oratoires et les maisons des parti-culiers. Je dirais que ce fut sa branche spéciale d’in-dustrie, s’il ne s’agissait pas de la satisfaction d’undes besoins les plus nobles et les plus invincibles del’âme dans ses jours d’élan vers la source du beauet du bien. Or le point culminant de la carrière deBotticelli coïncide précisément avec la période dé-cennale qui fut marquée par la commotion crois-sante des esprits sous la parole si remuante de Savo-narole ; et je serais tenté de croire que sa qualité dedisciple enthousiaste du prédicateur, jointe à l’ac-centuation particulière de ses compositions, con-tribua plus que toute autre chose, à la vogue dont iljouit auprès de l’élite de ses concitoyens. Cette vogues’appliqua presque exclusivement à la représentationde la Vierge et de l’Enfant Jésus, avec le petit saintJean ou des Anges adultes tenant une couronne sus-pendue ou chantant en chœur, et symétriquement
(1) Je veux parler du tableau qui est dans l’église du couvent deRipoli, et qui représente le Couronnement de la Vierge, avec unemultitude d’anges et dix-huit figures de saints, de grandeur presquenaturelle. Un tableau plus remarquable encore est celui de l’église deSaint-Michel, à Lucques, exécuté sans doute à l’occasion d’une peste,puisqu’on y voit saint Roch et saint Sébastien.