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passé par un si grand nombre de mains, qu’ellesn’ont presque rien conservé de leur beauté primitive.Celles dont Boccace lui fournit le sujet, ont étéencore plus maltraitées. Elles étaient aussi au nom-bre ue quatre, et retraçaient, avec une verve et unegrâce dignes du récit original, les aventures et lesépreuves de Nastagio degli Onesti, avant son mariageavec la fille de Paolo Traversari. Malgré l’état dedélabrement ou ces quatre tableaux se trouventaujourd’hui, on peut encore se faire une idée duparti qu’avait su tirer l’artiste de la variété des scèneset des divers aspects du lieu où elles se passaient.C’était dans une forêt de sapins, auprès de Ravenne,ce qui permettait de composer des perspectives danslesquelles il pouvait déployer toutes les richesses deson pinceau : paysages riants ou sévères, vues de lamer ou édifices pittoresques, détails de vie rurale ouappareil de festins somptueux, on peut voir que toutcela était traité avec un goût que Boccace lui-mêmen’aurait pas désavoué. Les réminiscences de Rome,visitée quelques années auparavant, y trouventaussi leur place; et la salle où sont réunis les con-vives est précédée d’une cour où s’élève un arc-de-triomphe, et d’un vestibule dont les arcades sontsoutenues par des pilastres corinthiens (i).
Ainsi Botticelü puisa successivement des inspira-tions dans la Divine Comédie de Dante, dans les
(1) Ces quatre tableaux furent peints, puur le palais l'ucei, où ilssont encore, mais à l’état de ruines!