470
l’art chrétien.
tyrs, en un mot, avec toutes les gloires de l’ancienneLoi et de la Loi nouvelle. C’était Matteo Palmierilui-même qui avait suggéré, ou plutôt imposé l’or-donnance de ce malencontreux tableau, dans lequelil se fit peindre dévotement à genoux avec sa femme.Mais ni cette muette profession de foi, ni la beautéde l’œuvre en elle-même, ne purent suppléer à cequi lui manquait du côté de l’orthodoxie; et, parune mesure inouïe dans l’histoire de l’art, lapeinture resta couverte et l’autel frappé d’inter-diction (i).
Ce fut sans doute au patronage de ce même Pal-mieri, ambassadeur de la République auprès deSixte IV, queSandro Botticelli dut de figurer parmiles peintres appelés à décorer la chapelle Sixtine, etmême de figurer avec une sorte de prééminence surtous les autres, bien qu’il fût un des plus jeunes.Nous avons parlé ailleurs des trois compartimentsdans lesquels il représenta, avec une verve inégale,la délivrance des filles de Jéthro, le châtiment deDathan et Abiron, et la tentation de Jésus-Christdans le désert. Les deux premières compositions,bien supérieures à la troisième, donnent lieu de re-gretter que le pinceau de l’artiste ne se soit pas plussouvent exercé sur des sujets empruntés à l’AncienTestament; car il égalait Benozzo Gozzoli pour l’ex-pression de la grâce naïve, et il n’aurait pas rendu
(1) Richa, Chiese Florentine], vol. I, lezione xi. Le tableau setrouve maintenant en Écosse, dans le château du duc a’Hamilton.