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2 (1861)
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DISCIPLES DE SAVONAROLE.

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vement à des passions dun autre genre : je veuxdire quil eut des accès de jalousie et dhumeur in-tolérante contre ceux qui, en dépit de leur incom-pétence, savisaient de toucher à son idole, et onle vit un jour apostropher, en plein tribunal, unpauvre ignorant coupable de ce délit, et demanderaux juges sil ne fallait pas être hérétique et mêmequelque chose de pis* pour sériger ainsi en com-mentateur du divin poème et pour oser prendreen vain le nom dun si grand homme !

Si Vasari parle si dédaigneusement de cette pré-dilection innocente de Botticelli, on comprend quilflétrisse, en termes encore plus sévères, son enthou-siasme pour Savonarole. Aussi va-t-il jusquà direque la pauvreté, conséquence nécessaire de ce dé-lire, précipita lartiste dans les plus grands désor-dres (i); ce qui veut dire, dans la phraséologie ducourtisan, quil se privait volontairement des dou-ceurs attachées à la pratique de la prudence et desautres vertus utiles que le biographe savait si bienpratiquer lui-même (2).

Ainsi Botticelli, enthousiaste des grandeurs su-rannées et compromettantes, neut point lestime deVasari; mais il eut celle de lélite de ses contem-porains, et nous avons déjà remarqué ailleurs quilest le seul à qui Léonard de Vinci ait donné, dans

(1) Non avendo entrate da vivere, précipité in disordine gran-dmimo.

(2) Vasari, dans sa première édition, qualifiait de bestialité lad-miration de Botticelli pour Savonarole.