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4(32 l’art chrétien.
chrétiens, que l’Église romaine crut devoir examinerà fond le procès de Savonarole et la part qu’A-lexandre VI avait prise à sa condamnation. Cet exa-men se fit à l’occasion de la béatification de Cathe-rine de Ricci, à laquelle on reprochait d’avoir sou-vent imploré son intercession comme celle d’unSaint; et, pendant tout le temps que dura l’enquête,saint Philippe de Néri, qui avait dans sa chambreun portrait de Savonarole avec une gloire autourde la tête, priait Dieu, avec une ferveur qui allaitjusqu’à l’angoisse, pour obtenir que ce championhéroïque de la foi chrétienne ne fût pas flétri parune seconde condamnation. On ajoute qu’ayant ap-pris d’avance, par une révélation spéciale, que lamémoire de son héros sortirait pure et sans tache decette dernière épreuve, il lui fut impossible de maî-triser les transports de sa joie, qui fut vivement par-tagée par un grand nombre de fidèles, aux yeuxdesquels ce résultat équivalait à une canonisationformelle; et, sur ce point, la Cour de Rome poussasi loin l’indulgence pour l’opinion publique, qu’ellelaissait exposer en vente et circuler librement dansles familles pieuses des médailles et des portraits enbronze, avec des inscriptions où le bienheureuxFrère Jérôme Savonarole était intitulé docteur etmartyr (i).
A Florence, son nom n’a jamais cessé d’être po-pulaire, et si le torrent du paganisme rompit la di-
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(1) Bartoli, p. 183 et suiv.