SAYONAROLE.
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assez belle réhabilitation; mais il y en eut d’autresqui, non contents de cet hommage négatif, osè-rent détendre la mémoire de leur héros, .pres-que dès Je lendemain de son supplice, par desécrits apologétiques, par des peintures non moinssignificatives que ces écrits, et par des médaillessur lesquelles on lui donnait les qualifications Jesplus glorieuses (1).
A Rome, ce fut le pinceau de Raphaël qui sechargea d’abord de son apothéose, en le plaçantparmi les plus illustres docteurs de l’Église dansla dispute du Saint-Sacrement. Dix années s’étaientalors écoulées depuis la mort de Savonarole; lepape Jules II, digne appréciateur d’un pareil génie,avait remplacé Alexandre Borgia sur le trône ponti-fical, et mis un terme à la plupart des abus quiavaient marqué son règne. Le caractère de ce pon-tife sévère et despote ne permet pas de supposer queRaphaël eût osé prendre sur lui d’inaugurer le por-trait de Savonarole dans une des salles du Vatican,si l’idée ne lui en avait été suggérée par Jules II lui-même, qui préférait sans doute ce mode de répara-tion comme offrant plus de garanties de publicitépour le présent et de perpétuité pour l’avenir.
Dans le cours du xvi e siècle, on ne se contenta pasde croire à son innocence, on crut encore à sa sain-teté; et cette opinion s’accrédita si bien parmi les
(t) Si vedonu uscire dei publici scritti, delle signifîcanti pitlure,delte medaglie che lo van decorando dei tiloli più gloriosi. Bartoli,Apologie de Savonarole, p. 477.