SAVONAROLE.
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pontife, par une commission de quatorze théolo-giens, un jeune Dominicain, plus hardi que lesvieux, ne put contenir son zèle et sa douleur, quandil vit que le grand crime imputé au réformateurétait d’avoir été la cause de tous les malheurs dePierre de Médicis, c’est-à-dire de sa récente ex-pulsion. Or, sa famille, outre le membre très-in-fluent qui la représentait dans le collège des car-dinaux, y comptait un bon nombre de créaturesdévouées, trop disposées à servir ses rancunes. UneLaine plus sourde et non moins envenimée faisaitagir et parler le cardinal Ascanio Sforza, dignefrère de Louis le Maure, qui avait à se venger pourson propre compte, et dont la correspondance avecles magistrats florentins, avant et après le supplicede la victime, est un monument de honte indé-lébile, je ne dis pas pour le tyran milanais dontla mémoire est d’ailleurs assez flétrie, mais pources magistrats serviles, non moins traîtres à la vé-rité qu’à la patrie, qui mendiaient à une cour étran-gère des félicitations pour leurs lâchetés, et don-naient, en échange, les plus abjectes flatteries.
Outre le duc de Milan, il y eut un autre sou-verain qui intervint dans ce débat. Ce souverainétait Louis XII, monté depuis quelques jours sur letrône. A peine eut-il appris la tournure sinistre queprenait le procès de Savonarole, qu’il écrivit, en safaveur, une lettre affectueuse et presque suppliante,
(h Voir Seritti varj del P. Marchese, pp. 364-366.