458
l’art chrétien.
labre (i), Savonarole répondait que l’un représen-tait le pape et les prélats qui dirigeraient la chré-tienté aux jours de sa régénération, et l’autre lesprinces temporels qui travailleraient alors tous à ladéfense de l’Église et à la propagation de la foi duChrist (a). Que s’il parlait un autre langage toutesles fois qu’il s’agissait du peuple florentin, c’étaituniquement parce qu’il n’v trouvait pas les élé-ments nécessaires pour constituer une monarchiesur sa véritable base, et parce qu’il croyait que lepouvoir d’un seul, placé entre les mains d’un Mé-dicis ou de tout autre banquier également influentpar ses richesses, y serait exploité, comme par lepassé, au profit des idées profanes ou païennes quiavaient exercé tant d’empire sur les esprits dans lecours du siècle qui allait finir.
Le récit de la catastrophe qui termina la vie dece grand homme, n’appartient pas à mon sujet;mais je ne veux pas laisser ignorer à mes lecteursquels en furent les véritables moteurs. Bien qu’onpuisse reprocher au pape'Alexandre VI de n’avoirpas heureusement choisi son mode d’interventiondans ce grand débat, il est certain que son rôlefut presque toujours passif, et qu’il y eut des mo-ments où ses dispositions personnelles alarmèrentceux qui voulaient la mort de Savonarole. Un jourque ses doctrines étaient examinées, en présence du
(t) Zacharie, ch. îv.
(2) Sermon du samedi après le V e dimanche.