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l’art chrétien.
pas eu l’audace de dire aux pères de famille qu’uneéducation qui consistait à faire étudier aux enfantsquelques poésies profanes et à les envoyer ensuitedans une maison de banque pour y prendre des le-çons de change et d’usure était aussi préjudiciableà leur âme qu’à leur intelligence (i)? Et n’avait-ilpas comblé la mesure en préconisant une constitu-tion politique qui ôtait aux grands capitalistes l’é-norme influence qu’ils avaient exercée jusqu’alorssur les affaires publiques?
Voilà le secret de la prédilection de Savonarolepour le gouvernement populaire, et de sa répu-gnance invincible pour l’administration des Vlédicis.En sa qualité d’homme intellectuel, et plus en-core en sa qualité d’homme de Dieu, il avait prisen horreur le gouvernement des banquiers, et l’i-dée déplacer l’emblème d’une magistrature souve-raine dans des mains que pouvaient avoir souilléesdes gains illicites était pour lui le renversement detous les principes sociaux. Voilà pourquoi il prê-chait tant aux Florentins l’amour de leur constitu-tion démocratique (2), ne se lassant jamais de leur
(1) La prima cosa U parlri gli ponghono ad imparar poesie, e cli-poi alli banchi ad imparare cambj ed usure, e cosi gli mandano acasa del diavulo. Sermon du lundi après le II' dimanche de Caième.
(2) 11 voulait, qu'on compo-ât un chant patriotique qui fût su de
tous les citoyens. Dovete. fare una canzona che ognuno la sappia.
Mais il ne demandait pas un chant d’orgie révolutionnaire. Loin d’in-viter le peuple à intervenir dans le gouvernement, il l’en détournaitde tout son pouvoir. Lassati governare da chi governa e non voleringerirti aile dignità , ma lascia fare a Dio, etc. Sermon du III e di-