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2 (1861)
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SAVONAROLE.

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certaine dose de corruption dans le siècle pour con-server leurs pratiques, il se forma entre eux et lesbanquiers une confédération formidable dont lesramifications sétendirent jusquà Rome, la fa-mille si tristement célèbre des Borgia causait en-core plus deffroi par limpunité de ses crimes quepar leur énormité. Pour de si hardis violateurs detoutes les lois divines et humaines, les sermons deSavonarole ne pouvaient être que les déclamationsséditieuses dun sectaire ; aussi les banquiers, lesusuriers et les marchands qui multipliaient contrelui les délations et les calomnies (i), furent-ils se-crètement encouragés dans toutes les machinationsquils tramèrent pour sa perte; et au bout de huitannées dintrigues et de bassesses, leurs mesures,combinées si longtemps davance avec un art in-fernal, amenèrent le tragique dénoûment que toutle monde connaît.

Outre ce vil intérêt déchange, dusure et de né-goce, il en était un autre que Savonarole avait com-promis et blessé : cétait lintérêt dambition et da-mour-propre, sur lequel cette classe respectable decitoyens ne veillait pas avec moins de sollicitudeque sur lautre. Or, linsolent prédicateur navait-il

(1) Il en accuse formellement les usuriers dans le sermon pour lemardi de Pâques, et létablissement du Mont-de-Piété le ferait sup

poser lors même quil nen parlerait pas. Ailleurs il dit : Voi ô

nercatanti che State, uditemi, voi siete quelli che scrivete lettere,che non si lasci parlare ai profeti, etc. Sermon du mardi après le1 er dimanche de Carême.