SAVONAROLE.
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certaine dose de corruption dans le siècle pour con-server leurs pratiques, il se forma entre eux et lesbanquiers une confédération formidable dont lesramifications s’étendirent jusqu’à Rome, où la fa-mille si tristement célèbre des Borgia causait en-core plus d’effroi par l’impunité de ses crimes quepar leur énormité. Pour de si hardis violateurs detoutes les lois divines et humaines, les sermons deSavonarole ne pouvaient être que les déclamationsséditieuses d’un sectaire ; aussi les banquiers, lesusuriers et les marchands qui multipliaient contrelui les délations et les calomnies (i), furent-ils se-crètement encouragés dans toutes les machinationsqu’ils tramèrent pour sa perte; et au bout de huitannées d’intrigues et de bassesses, leurs mesures,combinées si longtemps d’avance avec un art in-fernal, amenèrent le tragique dénoûment que toutle monde connaît.
Outre ce vil intérêt d’échange, d’usure et de né-goce, il en était un autre que Savonarole avait com-promis et blessé : c’était l’intérêt d’ambition et d’a-mour-propre, sur lequel cette classe respectable decitoyens ne veillait pas avec moins de sollicitudeque sur l’autre. Or, l’insolent prédicateur n’avait-il
(1) Il en accuse formellement les usuriers dans le sermon pour lemardi de Pâques, et l’établissement du Mont-de-Piété le ferait sup
poser lors même qu’il n’en parlerait pas. Ailleurs il dit : Voi ô
nercatanti che State là, uditemi, voi siete quelli che scrivete lettere,che non si lasci parlare ai profeti, etc. Sermon du mardi après le1 er dimanche de Carême.