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l’art chrétien.
jets de vengeance quand le jour fatal fut arrivé.
Les plus ardents instigateurs de ces haines n’é-taient pas les vieillards tout irrités qu’ils étaient devoir diminuer tous les jours le nombre des victimesqui servaient d’aliment à leur luxure (i), ce n’é-taient pas non plus les professeurs de littératureprofane dont l’industrie venait de tomber presqueau niveau des arts mécaniques, ce n’étaient pasmême les mauvais prêtres et les mauvais moinesquoique anathéinatisés et foudroyés par toute laforce que peut donner à la parole humaine l’élo-quence d’un prédicateur sans peur et sans repro-che; les plus mortels ennemis de Savonarole étaientles banquiers et les hommes d’argent de toutes lesdénominations.
Il avait à leurs yeux un tort irrémissible, celuid’avoir encouragé de tout son pouvoir le placementdes capitaux au Mont-de-Piété fondé pour soustraireles citoyens pauvres aux exactions ruineuses desusuriers. Il en était résulté une perturbation mo-mentanée dans les spéculations financières, et desalarmes sérieuses sur le contre-coup que cette bran-chedecommerceen ressentirait à l’avenir. D’un autrecôté, la réforme qui s’était étendue successivementà un très-grand nombre d’articles de luxe mena-çant d’appauvrir et même de ruiner de fond encomble tous les marchands qui avaient besoin d’une
(t) Voir le sermon du Mercredi saint. — Ailleurs il leur reprochede ressembler aux vieillards qui épièrent la chaste Suzanne. Sermondu I er dimanche de i'Avent.