l’art chrétien.
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Fra Bartolomeo apporta scrupuleusement tousles dessins qu’il avait faits comme études du nu, etson exemple fut suivi par Lorenzo di Credi et parplusieurs autres peintres qui avaient compris lebesoin d’une prompte régénération pour leur art.Cette fois ci les aumônes furent encore plus abon-dantes, les images de saints et les bannières dé-ployées dans la procession donnèrent encore uneplus haute idée de ce que pouvaient être la peintureet la sculpture chrétienne; le bûcher fut construitsur une plus grande échelle et surmonté d’em-blèmes plus significatifs, et au lieu de pousser descris de joie en y voyant mettre le feu, le peuple en-toila majestueusement le Te Deum (i).
Ces cérémonies imposantes, combinées avec lesprédications presque quotidiennes de Savonarole,produisirent une impression d’autant plus profondesur toutes les classes de citoyens, que chacuned’elles y avait été très-habilement préparée de lon-gue main; ce n’était pas un enthousiasme d’un jourtel qu’aurait pu l’exciter un énergumène ignorantou fanatique; c’était un enthousiasme qui avait saracine dans les plus intimes profondeurs de l’aine;c'était comme l’explosion de tous les sentiments quece missionnaire philosophe y avait remués et mis enfermentation pendant huit ans. Il avait su graduerson éloquence de manière à ne jamais paraître ré-trograde ni même stationnaire dans la longue car-
(1) Burlamachi, p. 128-136.