SAVONAROLE.
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on remarquait entre autres chefs-d’œuvre un Enfant-Jésus sculpté par Donatello, et monté sur un pié-destal d’or, du haut duquel il donnait la bénédic-tion d’une main, et de l’autre montrait une croix,des clous et une couronne d’épines. Après avoir tra-versé toute la ville, en recueillant des aumônes eten chantant alternativement des psaumes, deshymnes et des laudes, les enfants entonnèrent uneinvective pieuse composée tout exprès contre le car-naval dont la figure monstrueuse, emblème des plusignobles penchants, était assise sur le sommet dubûcher, et devint bientôt la proie des flammes, aumilieu des acclamations du peuple qui dominaientle son des cloches du palais et les bruyantes fan-fares des trombistes.
On serait tenté de croire que cette exaltation pro-gressive devait enfin avoir atteint son apogée, etque les ressorts tendus depuis si longtemps avec unetelle violence allaient se relâcher insensiblement;ce fut précisément le contraire qui arriva; car lecarnaval de l’année suivante fut célébré par ladestruction d’un nombre encore plus considéra-ble d’ouvrages profanes ou licencieux , parmilesquels on distinguait plusieurs statues antiquesdont les contours moelleux exprimaient admirable-ment ce charme de volupté païenne si bien comprispar les artistes sensuels de la Grèce et de Rome (i).
!b On avait donné à ces statues les noms des plus fameuses beau-tés contemporaines : la bella Bencina, la Lena Morella, la bellBina, etc.