SAVONAROLE.
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exprès par le poète Benivieni (i), ces voix enfantinesharmonieusement mêlées au son de toutes les clo-ches, tout cela, dit le moine Burlamachi, faisaitqu’on se croyait transporté dans une nouvelle Jéru-salem, et que la gloire du paradis semblait être des-cendue sur la terre. Des pleurs d’attendrissementcoulaient de tous les yeux, et plusieurs tièdes, venusavec l’intention de murmurer et de maudire, furentsi bien gagnés par l’attendrissement universel qu’ilsne trouvèrent dans leur cœur que des bénédictionset des larmes. Dans cette première journée fut célé-bré le triomphe de l’innocence et de la charité (a).
L’année suivante Savonarole, enhardi par le suc-cès, organisa une procession encore plus solennelle,qui devait représenter le principal objet de ses longstravaux apostoliques, c’est-à-dire le triomphe dugénie chrétien sur le paganisme. Ce furent encoreles enfants qui y jouèrent le rôle le plus intéressant :d’abord ils allèrent de maison en maison, deman-dant, au nom de Jésus-Christ et de la sainte Vierge,qu’on leur livrât l'anathème , expression par laquelleils désignaient tous les objets d’art et de luxe que leprédicateur avait réprouvés comme profanes. Le
(1) Une de ces Laudes était une espèce de chant patriotique etcommençait par ces mots :
Viva nei nostri cuort, viva Fiorenzal
(i) Les aumônes recueillies pendant cette procession, tant en bi-joux qu’en argent, furent si abondantes qu’on eut de quoi fonderquatre Jlonts-de-Piété, un par quartier, ce qui mit le comble àfureur des usuriers et des banquiers.
il.
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