SAVONAROLE.
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grand homme en qni la sagesse n’était pas moinséminente que la sainteté Malheureusement cet en-thousiasme ne tint pas contre le coup qui, en frap-pant Savonarole, menaçait tous ses partisans, etMarsile Ficin, en se joignant à ceux qui voulaientflétrir leur victime après l’avoir immolée, prouvaune fois de plus qu’un beau génie n’est pas toujoursune garantie contre les défaillances du cœur et ducaractère ( i ).
Quel contraste entre cette lâcheté, qui n’a d’autreexcuse que la peur, et le magnifique hommagerendu, longtemps après, à la mémoire du martyrdominicain, par un auditeur à peine sorti de l’ado-lescence, qui recueillait avidement ses paroles, qniles écrivait ensuite, pour les mieux graver dans samémoire, et qni était probablement conduit à cesprédications par Marsile Ficin lui-même qui l’avaittenu sur les fonds baptismaux et lui portait uneaffection toute paternelle. Ce jeune enthousiasten’était autre que François Guichardin, le fameuxhistorien, à la tête froide, au coup d’œil sûr, qui, à«n âge où ces deux qualités le mettaient à l’abri detoute illusion rétrospective, proclamait Savonarolele religieux, le plus riche en science et en vertu queFlorence eût vu, de mémoire d’homme, possédantla philosophie, comme s’il l’avait faite, et 1 Écriture
(') Cette honteuse rétractation, conçue dans des termes qui sou-lèvent le cœur de dégoût, a été publiée dans le tome IX (nouvellesérie, de VArchivio ftorico iialiano. On y trouve aussi un excellenttravail sur ta vie et les écrits de Marsile, Ficin.