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l’art chrétien.
sainte, comme nul ne l’avait possédée depuis dessiècles, d’un jugement exquis non-seulement dansla littérature, mais dans l’intelligence des affaireshumaines, éloquent sans artifice et sans déclamation,et sorti victorieux de la plus difficile des épreuves,celle de prêcher si longtemps, avec un succès tou-jours croissant, devant des auditeurs florentins ha-bitués à se dégoûter de leurs prédicateurs dès la pre-mière ou la seconde saison quadragésimale. Enfin,après avoir remis à l’avenir la solution de cet arduproblème, il termine en disant à ses contemporainscpi’en tout cas ils ont vu un phénomène extraordi-naire, et que, pour le caractériser, ils ont à choisirentre deux qualifications, celle de grand prophète,s’il fut sincère, et celle de très-grand homme, s’il nele fut pas (i).
Cependant il y avait, dans ces sermons, un côtémoins accessible à l’esprit positif de Guichardin,mais très-attrayant pour les âmes d’élite. C’était lecôté mystique , qui correspondait plus spéciale-ment aux aspirations idéales d’une certaine por-tion de ses auditeurs; et comme l’idéal ascétique,te! qu’il le leur faisait entrevoir, n’était nulle partaussi bien réalisé que dans le couvent de Saint-Marc, on s’y précipitait comme dans la voie quiconduisait le plus sûrement à la perfection chré-tienne. A la suite des hommes du siècle, comme lediplomate Pandolfo Ruccellai, le médecin Pietro
(1 ) Voir les Opéré inédite di Guicciardini, vot. III, chap. xvii.