l’art chrétien.
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narole, mais qui resta comme stupéfait d’un pro-dige'nouveau ia première fois qu’il entendit parlercet homme extraordinaire. Comme il fut l’ami deLaurent de Médicis, son admiration ne saurait êtresuspecte, et cette circonstance donne également ungrand poids au témoignage d’Ange Politien qui,malgré sa prédilection pour la littérature profaneobjet des invectives de Savonarole, ne peut s’empê-cher de le représenter comme un homme aussi remar-quable par sa sainteté que par sa science, qui prêchaitune doctrine céleste avec une rare éloquence(i).
T.e chanoine Benivieni, poète platonicien enchaînéplus étroitement encore à la Cour et aux préjugésdes Médicis, n’en publia pas moins, à l’époque oùl’orage commençait a gronder sur la tète du prédi-cateur, une défense très-énergique de ses doctrineset de ses prophéties (2).
Un philosophe, non moins dévoué que lui à ladynastie régnante, Marsile Ficin, le grand initiateurà la philosophie platonicienne, 11e se contentait pasde venir écouter avec respect la parole de celui qu’ilregardait comme un envoyé de Dieu; il se faisait,pour ainsi dire, l’écho de ses menaces prophétiquesdans sa correspondance avec ses amis, les exhortantà obéir enfin aux avertissements salutaires d’un si
(1) lnsignis et doclrina et sanctimoniâ vir, cœlestisque doctrinespreeHcator egregiaa. Epistolar., lib. iv, epist. 2.
Jean de la Mirandole et Politien moururent tous fieux en 1494, avantla catastrophe. qui termina la mission de Savonarole avec sa vie.
(2) Cet ouvrage fut imprimé en 1496.