SAVONAROLE.
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gnier, en avait fait de petites colombes blanchesqu’il avait ensuite distribuées entre les moines, leurexpliquant avec l’éloquence d’un prophèle et d’unpoète la double intervention de cet oiseau mystiquedans l’alliance que Dieu fit avec Noé au sortir del’arche, et dans celle qu’il scella plus tard par lesang de son Fils (i).
Il ne faut donc pas s’étonner de trouver des ar-tistes et des poètes parmi les plus dévoués partisansdeSavonarole; car c’était dans leurs rangs que de-vait éclater la sympathie la plus vive, non-seulementparce que sa parole faisait jaillir des étincelles quiembrasaient leurs âmes, mais encore parce qu’il lesfaisait remonter à la place éminente d’où ils étaientinsensiblement descendus. Je ne crois pas qu’il yait jamais eu un héros dans l’histoire dont le nomait été transmis à la postérité avec un cortège plusimposant d’hommes illustres dans tous les genres;et on a peine à se persuader qu’il est question d’unsimple moine quand on énumère les philosophes,les poètes, et les artistes de tout genre, architectes,sculpteurs, peintres, et même graveurs, qui s’offri-rent presque tous à lui avec enthousiasme, pourêtre, chacun en ce qui le concernait, les dociles ins-truments de sa grande réforme sociale.
A leur tête il faut placer le fameux Jean de la Mi-randole, ce savant universel qui avait déjà compriset admiré bien des choses quand il rencontra Savo-
(1) Burlamachi, p. 65.