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l’art chrétien.
voce est (i). Pendant un court séjour qu’il fit enLombardie, le Frère Jacques de Sicile, qui eut lebonheur de l’accompagner dans presque toutes sesexcursions, se laissait souvent gagner par l’enthou-siasme dont Savonarole était saisi à la vue du spec-tacle imposant et varié qui se déroulait devant leursyeux ; ils choisissaient alors quelque site solitaire etravissant, et après s’ètre assis à l’ombre sur le gazon,l’on ouvrait un livre des Psaumes pour y chercherun texte approprié à toutes ces merveilles de laplaine et des montagnes, qui racontaient aussi àleur manière la gloire et la grandeur de Dieu ( 2 ).
Savonarole avait laissé plus d’un souvenir de cegenre parmi les moines de Saint-Dominique deFiesole, avec lesquels il avait parcouru plus d’unefois les collines d’alentour, laissant couler à pleinsbords la céleste poésie qui bouillonnait dans sonâme et faisant éprouver à ceux qui l’entendaientquelque chose d’analogue à ce qu’avaient éprouvéles deux disciples d’Emmaüs quand ils se deman-daient l’un à l’autre s’ils n’avaient pas senti leurscoeurs brûler au-dedans d’eux-mèmes pendant queJésus s’entretenait avec eux (3). Une journée entreautre» était restée délicieusement gravée dans leurmémoiie, c’était celle où Savonarole, pétrissant lamoelle qu’il avait tirée de quelques rameaux de li-ft) Il y a tant d’espèces de largues dans co monde et rien n’y estsans \oix. I Ejmt. ad (Xrinih., xiv, tO.
(2) Burlamaclii, p. 65.
(3) Saint Luc, xxiv, 13-35.