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2 (1861)
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lart chrétien.

crifice nétait jamais si douloureux que quand ilfallait se défaire de quelque image de saint ou dunlivre pieux orné de miniatures (i). Dans le cou-vent modèle quil se proposait de fonder à Florenceet qui était une utopie aussi chère à son cœur quàson imagination ( 2 ) , les frères convers devaientsoccuper particulièrement douvrages de sculptureet de peinture, et placés ainsi tout près du sanc-tuaire à la source des inspirations les plus pures, ilsdevaient être comme des vestales préposées à lagarde du feu sacré. Il savait par sa propre expériencecombien le pinceau des artistes véritablement chré-tiens pouvait aider lâme à secouer ses langueurs etfaciliter ses aspirations vers Dieu; car souvent onle voyait à genoux passer de longues heures enoraison devant une image du crucifix dans léglised 'Orsanmichele (3). Il y a plus, cest quon peut af-firmer, sans crainte dètre démenti, que sa théoriedu Beau , telle quelle est exprimée en fragmentsépars dans quelques-uns de ses sermons, surpasseen originalité comme en profondeur tout ce que lesécrivains du même siècle ont dit sur ce sujet, en ré-pétant plus ou moins servilement les trivialitésdAristote ou deQuintilien. Sans marrêter à ses-

(t) Burlamachi, pp. 58, 59.

(2) /dem, pp. 70, 71. Il en est aussi question dans la péroraisondu sermon pour le dimanche de Quasimodo. Le couvent devait ren-fermer deux cents moines d'élite, qui seraient placés dans Florencecomme un centre de lumières pour éclairer lItalie.

(3) Bartoli, Apologie de Savonarole, p. 7.