Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
431
Einzelbild herunterladen
 

SAVONAROLE.

431

avait eu soin dy adapter les airs les plus populaires,comme 1 air Au. faisan, celui de la cigale , etc.; etcette condescendance avait épargné aux poètes lem-barras de monter des chœurs tout exprès pour leurschants. Savonarolene proscrivit formellement ni lesparoles ni la musique; mais à force de faire répéterpar des voix enfantines les suaves mélodies qui sé-taient exhalées comme un parfum du cœur de leurspieux ancêtres, il les fit apprécier par les Floren-tins à leur juste valeur, et cette branche importantede lart chrétien eut sa part des améliorations intro-duites dans toutes les autres.

Ne pas reconnaître dans Savonarole le dialecticienpuissant, lorateur accompli, le théologien profond,le génie vaste et hardi, le philosophe universel ouplutôt le juge compétent de toutes les philosophies,serait un démenti trop impudent donné à lhistoireet à ses contemporains. On se croirait sans douteplus en droit de lui refuser ce sentiment si exquisdu beau dans les arts dimagination, qui nest pastoujours le privilège des plus grands génies et quisuppose une sensibilité dâme et une délicatessedorganes aussi difficiles à rencontrer lune quelautre dans un solitaire voué aux mortificationsdu cloître, et cependant il ny a nulle exagération àdire que tout cela se trouvait réuni à un très-hautdegré dans Savonarole.

Dès son début dans la vie monastique il sétaitimposé lobligation de sacrifier tout ce qui devenaitpour lui lobjet dune affection trop vive, et ce sa-