SAVONAROLE.
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avait eu soin d’y adapter les airs les plus populaires,comme 1 air Au. faisan, celui de la cigale , etc.; etcette condescendance avait épargné aux poètes l’em-barras de monter des chœurs tout exprès pour leurschants. Savonarolene proscrivit formellement ni lesparoles ni la musique; mais à force de faire répéterpar des voix enfantines les suaves mélodies qui s’é-taient exhalées comme un parfum du cœur de leurspieux ancêtres, il les fit apprécier par les Floren-tins à leur juste valeur, et cette branche importantede l’art chrétien eut sa part des améliorations intro-duites dans toutes les autres.
Ne pas reconnaître dans Savonarole le dialecticienpuissant, l’orateur accompli, le théologien profond,le génie vaste et hardi, le philosophe universel ouplutôt le juge compétent de toutes les philosophies,serait un démenti trop impudent donné à l’histoireet à ses contemporains. On se croirait sans douteplus en droit de lui refuser ce sentiment si exquisdu beau dans les arts d’imagination, qui n’est pastoujours le privilège des plus grands génies et quisuppose une sensibilité d’âme et une délicatessed’organes aussi difficiles à rencontrer l’une quel’autre dans un solitaire voué aux mortificationsdu cloître, et cependant il n’y a nulle exagération àdire que tout cela se trouvait réuni à un très-hautdegré dans Savonarole.
Dès son début dans la vie monastique il s’étaitimposé l’obligation de sacrifier tout ce qui devenaitpour lui l’objet d’une affection trop vive, et ce sa-