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l’art chrétien.
valu avoir à nettoyer les écuries d’Augias. C’étaitdonc uniquement à l’enfance et à la jeunesse quepouvait s’appliquer le plan du réformateur, et, danscette limite, son triomphe sur la musique profanefut d’autant plus complet, qu’il le célébra précisé-ment pendant les jours du carnaval, au milieu deschants pieux et des bénédictions de l’immense ma-jorité du peuple.
Dans sa réforme musicale, il avait deux objetsprincipaux en vue : d’abord, de remettre en voguele chant si simple, si expressif et si majestueux deshymnes reçues dans l’Eglise depuis un temps im-mémorial, comme l 'Ave, maris Stella, ou le Veni ,Creator, qui était si heureusement approprié auxbesoins du moment (i); ensuite il voulait substituerdes airs plus décents à ceux sur lesquels Laurent deMédicis et sa cour avaient accoutumé de chanter lesLaudes composées par lui avec une pureté dé stylequ’on n’attend pas de l’auteur des chansons à boireet à danser, dont la grossièreté cynique dépare lerecueil de ses œuvres (2). Afin que le peuple ne fûtpas désorienté par ces compositions nouvelles, on
(1 ) Vorrei ancora che voi caniaste qualche volta délia chiesa corneAve, maris Stella, 0 Veni, Creator, etc. Sermon du lundi après leIII e dimanche de Carême.
Dans le sermon du samedi après le II e dimanche, il s’exprime plusnettement encore : Lasciate andare i canti figurait, e cantate i cantifermi ordinati dalla chiesa.
(2) Les Laudes composées par Laurent de Médicis sont au nombrede dix. Sa mère, Lucrezia Tornabuoni, à laquelle il devait tous lessentiments de piété qu’il avait dans le cœur, en avait aussi composéquelques-unes.