l’art chrétien.
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si bruyante, si indisciplinée, si rebelle au frein deslois, se soumettre à une règle de vie si contraire àses habitudes et à sa fougue naturelle, et se pas-sionner pour de pieux exercices au point de ne passonger à autre chose pendant sept années consécu-tives. Dans la maison paternelle on récitait le ro-saire, ou on lisait l’office de la sainte Vierge, suivantla différence des âges, et surtout l’on se conformait,d’après la mesure des capacités individuelles, auplan d’éducation chrétienne recommandé par Savo-narole; au dehors on assistait à tous ses sermons, etla veille des fêtes solennelles on allait ensemble fairedes guirlandes d’olivier, on s’asseyait sur le gazondistribués en groupes qui formaient autant dechœurs, on chantait des Laudes à la louange deDieu ou de Marie, et ceux qui avaient passé près delà disaient en revenant qu’il leur avait semblé voirune scène du paradis (i).
Ces Laudes, composées pour la plupart pard’assez bons poètes et chantées sur des airs très-connus, étaient un des moyens les plus efficacesemployés par Savonarole pour le projet de régéné-ration qu’il avait en vue. Il savait que l’usage des’assembler le samedi soir après Nones dans lesprincipales églises de Florence, pour chanter descantiques spirituels en chœurs alternatifs devantune image de la Madone, qu’on recouvrait ensuiteau milieu d’un concert formé par l’orgue, les voix
(1 j Sermon du dimanche des Rameaux.