SAVONAROLE.
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de piété tendre et enfantine dont la suavité seprolonge ordinairement bien avant dans la vie.
Le succès passa tellement ses espérances que lui-même crût ne pouvoir l’attribuer qu’à une inter-vention miraculeuse de la miséricorde divine, etjamais il n’était plus pathétique que dans l’effusionde sa reconnaissance pour l’auteur de ce bien-fait (i). C’était pour son cœur une jouissance assezdouce pour être comme une anticipation de sa ré-compense céleste; on voit par plusieurs passagesde ses discours que l’innocence du premier âge luiinspirait je ne sais quel sentiment exalté qui res-semblait à de l’adoration ; il disait qu’un enfant quis’est conservé sans péché après être arrivé à l’u-sage de son libre arbitre, acquiert une si grandepureté d’esprit et de cœur, que les anges du cielviennent souvent s’entretenir avec lui ( 2 ). Aussiétait-ce par cette portion chérie de son auditoirequ’il faisait adresser des prières à Dieu pour obte-nir soit des forces pour lui-même quand il se sen-tait épuisé, soit des magistrats vertueux pour Flo-rence, quand on procédait à de nouvelles élections (3).
C’était un spectacle bien extraordinaire pour lesFlorentins, que de voir cette jeunesse auparavant
(1) Voir, à la fin du sermon pour le mardi après le I* r dimanché deCarême, la belle paraphrase de ce verset du Psaume : Ex ore infan-tiurn et lactantium, perfecisli laudem. Ce sermon est admirable d’unbout à l’autre.
(2) Sermon du dimanche des Rameaux. Il fut fait exprès pour lesenfants.
(3) Sermon du jeudi après le I er dimanche de Carême.