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2 (1861)
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SAVONAROLE.

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de piété tendre et enfantine dont la suavité seprolonge ordinairement bien avant dans la vie.

Le succès passa tellement ses espérances que lui-même crût ne pouvoir lattribuer quà une inter-vention miraculeuse de la miséricorde divine, etjamais il nétait plus pathétique que dans leffusionde sa reconnaissance pour lauteur de ce bien-fait (i). Cétait pour son cœur une jouissance assezdouce pour être comme une anticipation de sa ré-compense céleste; on voit par plusieurs passagesde ses discours que linnocence du premier âge luiinspirait je ne sais quel sentiment exalté qui res-semblait à de ladoration ; il disait quun enfant quisest conservé sans péché après être arrivé à lu-sage de son libre arbitre, acquiert une si grandepureté desprit et de cœur, que les anges du cielviennent souvent sentretenir avec lui ( 2 ). Aussiétait-ce par cette portion chérie de son auditoirequil faisait adresser des prières à Dieu pour obte-nir soit des forces pour lui-même quand il se sen-tait épuisé, soit des magistrats vertueux pour Flo-rence, quand on procédait à de nouvelles élections (3).

Cétait un spectacle bien extraordinaire pour lesFlorentins, que de voir cette jeunesse auparavant

(1) Voir, à la fin du sermon pour le mardi après le I* r dimanché deCarême, la belle paraphrase de ce verset du Psaume : Ex ore infan-tiurn et lactantium, perfecisli laudem. Ce sermon est admirable dunbout à lautre.

(2) Sermon du dimanche des Rameaux. Il fut fait exprès pour lesenfants.

(3) Sermon du jeudi après le I er dimanche de Carême.