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l’art chrétiek.
mystique, de tant d’usages et d’institutions si mer-veilleusement appropriées aux intelligences les plussimples, il rouvrait aux artistes une mine aussi pureque féconde, que leurs devanciers étaient bien loind’avoir épuisée.
Mais sur ce point les vieillards ne se montraientpas moins endurcis que sur celui de la littératureprofane, et leur exemple fut presque généralementsuivi par ceux qui venaient immédiatement après.Ce fut donc uniquement sur les générations placéesentre l’enfance proprement dite et l’âge mûr (i),que Savonarole fit reposer ses plus belles espérancespour l’avenir, espérances qu’il cultiva pendant huitannées consécutives avec un amour sans pareil, etqui le soutinrent dans des épreuves souvent bienamères que lui suscita la haine implacable de sesennemis.
Préparer et assurer le triomphe de l’art, de lapoésie et de la foi chrétienne pour une ère nouvellequi devait s’ouvrir glorieusement avec le xvr e siècle,et à Florence plutôt qu’ailleurs, à cause de ses ri-chesses spirituelles (2), voilà le but que se propo-sait Savonarole en imprégnant le cœur et l’ima-gination de la jeunesse de ce parfum si exquis
(1) Il défendit qu’on amenât les enfants au-dessous de dix ans.
(2) Firenze è la città di Dio . Qui si fa più bene che nell’ altre.
Sermon du I er dimanche de Carême. — Vien quà, Firenze, tu diche sei povera; io dico quanto aile richezze spirituali, tu sei lapiù ricca città d’Italia. Sermon de la veille du dimanche des Ra-meaux.