SAVONAROLE.
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éclairé pour signaler dans sa politique le dangerqu’il y avait à placer des images déshonnêtes devantles yeux des enfants (i).
Mais à quoi pouvait servir la destruction de tousles monuments profanes, si le principe qui leuravait donné naissance n’était pas attaqué jusquedans sa racine, et si les imaginations n’étaient pasdéfinitivement affranchies de l’influence anti-chré-tienne qui les avait dominées? Pour tenter une pa-reille œuvre, une des plus hardies dont il soit faitmention dans l’histoire de l’esprit humain, il ne fal-lait rien moins que le génie de Savonarole et soninébranlable foi dans la divinité de sa mission.
Sans recourir aux longs circuits de la mé-thode analytique, il avait vu que la décadencedes beaux-arts tenait principalement à la dé-cadence du culte parmi les chrétiens, et il enavait conclu que la régénération de l’un conduiraitnécessairement à celle des autres. Il se mit donc àinculquer le plus fortement qu’il put à ses audi-teurs la nécessité du culte intérieur dans ses rap-ports avec les besoins de l’âme, et à leur expliquerla haute signification des cérémonies pratiquéesdans l’église catholique et le rôle sublime que l’artétait appelé à y jouer (2). En mettant ainsi danstout son jour le véritable sens, soit allégorique, soit
(1) Sermon du I er dimanche de Carême.
(2) Tu vedi quel santo là in quella chiesa e di : io voglio farbuona vila ed essere simile a lui. Sermon du samedi après le I er di-manche de Carême.