l’art chrétien.
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si les artistes avaient su comme lui tout le scandalequi en était résulté pour les âmes simples, ils au-raient eu horreur de leur propre ouvrage. Cepen-dant leurs pinceaux étaient encore plus licencieuxquand ils travaillaient à la décoration des palais oudes maisons particulières; c’était là que le paga-nisme se donnait libre carrière, et faisait entrer parles yeux dans l’esprit des enfants ce qui autre party entrait par les oreilles. Les madones qu’on plaçaitdans les oratoires, au lieu d’édifier la famille qui s’yassemblait pour prier, produisaient souvent un effetcontraire, et si un citoyen pieux, dans sa sollicitudepaternelle, exprimait son dégoût pour toutes cesimages lascives et demandait une vierge dont le re-gard , l’âge et le caractère fussent un préservatifcontre toute pensée impure, alors l’artiste perversla lui peignait avec une longue barbeau menton (i).
Le sacrifice de toutes les nudités qui choquaientla pudeur dans son asile le plus sacré, c’est-à-direjusque sous les yeux maternels, était le premiergage que Savonarole exigeait des parents convertis,opposant à leur relâchement dans une matière sigrave la sévérité d’Aristote qui, avec les seules lu-mières de sa philosophie païenne, avait été assez
Maria vestita corne una meretrice, etc. Sermon du samedi après leII e dimanche de Carême.
Sur la beauté de la Vierge, voir le sermon du vendredi après leIII' dimanche de Carême.
(1) L’artiste qui joua ce tour s’appelait Nunziata; il excellait à fairedes girandoles pour la fête de saint Jean. Ce trait est raconté parVasari dans la vie de Ridolfo Ghirlandajo.