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l’art chrétien.
une leçon (le Christianisme , et qu’on lui enseigne si-multanément l’éloquence et la vérité (i). C’était parle même motif qu’il voulait sanctifier la mémoiredes enfants en y gravant dès l’âge le plus tendrel’histoire des saints et des martyrs qui avaient ho-noré l'Église par des vertus bien autrement héroïquesque celles des grands hommes de Plutarque (2).
Le mal causé par les abus qui s’étaient introduitsdans l’éducation publique était aggravé et reproduitsous des formes encore plus dangereuses par desartistes voués à toutes les inspirations profanes quileur venaient de leurs patrons et d’ailleurs. Les mo-numents de l’art païen devenus l’objet d’une sortede culte dans le jardin des Médicis, avaient insensi-blement altéré les notions du Beau tel que les pein-tres et les sculpteurs chrétiens l’avaient conçu jus-qu’alors. D’une autre part, le naturalisme encou-ragé par la corruption croissante des mœurs avaitpris ouvertement possession des lieux saints, et la
(1) Voir la fin du sermon pour le mardi après le III e dimanche deCarême.
(2) C’est une des recommandations sur lesquelles il revient le plussouvent. Voir le sermon du mardi après le IV e dimanche de Carême.— Burlamachi dit, p. 93, qu’on avait commencé à enseigner la gram-maire aux enfants dans les ouvrages de saint Léon et de saint Jérôme,et à expliquer le traité de saint Ambroise de Of/iciis. Il ajoute que Sa-vonarole avait écrit un opuscule pour détourner les jeunes gens de lalecture des poètes licencieux. — Dans le mémoire justificatif adressépar les magistrats florentins à la cour de Rome, il était dit que Savo-narole voulait qu’on enseignât à la jeunesse l’histoire du Rédempteuret celle des saints. Bartoli, Apol. di Savonarola, p. 331. Fir. 1782,