SAVONAROLE.
421
enseignement élémentaire dans lequel était com-prise l’étude des langues mortes, que Savonarolevoulait donner une base et une tendance qui fus-sent plus en harmonie avec le but des sociétés chré-tiennes.
Trop éclairé pour avoir la pensée de proscrire leschefs-d’œuvre que les peuples anciens avaient lais-sés comme autant de traces lumineuses de leurpassage dans l’ancien monde, il les admettait volon-tiers comme auxiliaires de la civilisation moderne etcomme instruments de culture pour l’imaginationet le goût ; mais la faculté de s’approprier ces déco-rations étrangères ne devait pas empêcher que lesfondements et le couronnement de l’édifice fussentempruntés exclusivement au christianisme. Il ap-prouvait fort que les professeurs de Florence mis-sent leurs élèves à même de connaître le génie d’Ho-mère , de Virgile et de Cicéron, sans que destraductions vinssent s’interposer comme des c rpsopaques entre ces grandes lumières et eux; maiscomme du point de vue où il s’était placé pour lesjuger, le génie de certains Pères de l’Église avaitencore plus de profondeur et d’élévation, et contre-balançait au moins par cet avantage dans le fondl’infériorité des formes, il demandait que les meil-leurs ouvrages de saint Jérôme et de saint Augustin,e t particulièrement le livre de la Cité de Dieu , fus-sent admis à un partage égal avec les auteurs pro-fanes, afin, dit-il, que la jeunesse ne reçoive pas uneleçon de paganisme sans recevoir en même temps