SAVONAROLE.
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k miséricordes de Dieu (i). O Florence! fais
« contre moi tout ce que tu voudras; je suis monté« en chaire aujourd’hui pour te dire que tu ne« détruiras pas mon œuvre, parce que c’est l’œuvre« du Christ. Que je meure ou que je vive, la se-« mence que j’ai jetée dans les cœurs n’en portera« pas moins ses fruits ; que si mes ennemis sont« assez puissants pour me chasser de tes murs, jen n’en serai point affligé; car je trouverai bien« quelque part un désert où je pourrai me réfugier« avec ma Bible, et jouir d’un repos qu’il 11e sera« plus au pouvoir de tes citoyens de troubler (2). »
Pour certains esprits superficiellement philoso-phiques tout cela n’est qu’une lutte momentanéeentre un moine ignorant et fanatique d’une part, etde l’autre, l’intelligence humaine dont rien ne sau-rait arrêter la marche. Cependant, ce moine étaitau moins aussi versé que les plus savants de ses ad-versaires dans les études profanes qu’il voulait nonpas ruiner de fond en comble, mais subordonner àdes études chrétiennes. Il connaissait aussi bienqu’eux les annales de la Grèce et de Rome, mais ilne les trouvait ni plus glorieuses ni plus instructivesque celles des nations qui avaient paru depuis surla scène du monde, en y déployant la bannière de lacroix. Dans l’antiquité même, il refusait la préémi-nence à ceux qui, comme Tite-Live et Thucydide,
fl) Sermon du mardi après le IV e dimanche de Carême.
(2) Sermon du mardi après le III e dimanche de Carême.