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2 (1861)
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SAVONAROLE.

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k miséricordes de Dieu (i). O Florence! fais

« contre moi tout ce que tu voudras; je suis monté« en chaire aujourdhui pour te dire que tu ne« détruiras pas mon œuvre, parce que cest lœuvre« du Christ. Que je meure ou que je vive, la se-« mence que jai jetée dans les cœurs nen portera« pas moins ses fruits ; que si mes ennemis sont« assez puissants pour me chasser de tes murs, jen nen serai point affligé; car je trouverai bien« quelque part un désert je pourrai me réfugier« avec ma Bible, et jouir dun repos quil 11e sera« plus au pouvoir de tes citoyens de troubler (2). »

Pour certains esprits superficiellement philoso-phiques tout cela nest quune lutte momentanéeentre un moine ignorant et fanatique dune part, etde lautre, lintelligence humaine dont rien ne sau-rait arrêter la marche. Cependant, ce moine étaitau moins aussi versé que les plus savants de ses ad-versaires dans les études profanes quil voulait nonpas ruiner de fond en comble, mais subordonner àdes études chrétiennes. Il connaissait aussi bienqueux les annales de la Grèce et de Rome, mais ilne les trouvait ni plus glorieuses ni plus instructivesque celles des nations qui avaient paru depuis surla scène du monde, en y déployant la bannière de lacroix. Dans lantiquité même, il refusait la préémi-nence à ceux qui, comme Tite-Live et Thucydide,

fl) Sermon du mardi après le IV e dimanche de Carême.

(2) Sermon du mardi après le III e dimanche de Carême.