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SAVOTtAROLE. 415
miraculeuse, quand l’apôtre saint Pierre se plaintd’avoir travaillé pendant toute la nuit en vain avecses compagnons (i ), cette plainte, appliquée à la sté-rilité des prédications modernes, voulait dire qu’àforce de prêcher la rhétorique et la philosophie, lalumière de la foi s’est obscurcie, et une nuit affreuseest survenue pendant laquelle les pêcheurs ont jetéleurs filets sans rien prendre, c’est-à-dire sans sauverles âmes, parce que, au milieu de cette abondanceextraordinaire de sermons , l’esprit de Dieu avaitcessé de vivifier l’éloquence, et les orateurs étaientdevenus plus étrangers que jamais à la science de lafoi (2). Avec cette préoccupation fixe et cette ferveurde zèle, on comprend que Savonarole ail été si en-traînant et si pathétique toutes les fois qu’il recom-mandait à ses auditeurs la lecture des livres saints,ou qu’il leur parlait des consolations qu’il y avaitpuisées lui-même.
« Croyez, leur disait-il, croyez à la suffisance du« Verbe et à la sagesse du Christ qui vous a laissé« sa parole exprimée de manière qu’elle pût se pas-« serde la science du siècle. On dit que la logique« et la philosophie peuvent affermir les esprits dans* " la foi, comme si une lumière supérieure avait® besoin d’être confirmée par une lumière infé-* rieure. Rappelez-vous ce philosophe du concile« de Nicée que des évêques trop savants voulurent
(I) Saint Luc, v, 5.
Œ) Sermon du mardi de Pâques.