SAVONAROLE.
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soupçonner que le christianisme avait eu aussi lessiens qui les avaient surpassés tous. Bien plus, onchoisissait entre les ouvrages profanes ce qu’il yavait de plus propre à corrompre à la fois l’espritet les mœurs; et malgré tout ce que les historienscontemporains ont dit de la corruption de ce siècle,on est encore étonné de trouver parmi les livresdont Savonarole demandait hautement la suppres-sion dans les écoles, les ouvrages si licencieux deTibulle et de Catulle, et jusqu’à l’Art d’aimer d’O-vide (i), qui cependant peut passer pour une œuvreédifiante en comparaison d’un autre recueil dontle titre seul révèle toute l’infamie, et contre lequelle saint prédicateur demanda formellement un éditde proscription ( 2 ). Yoilà jusqu’où allait la perver-sité des docteurs trop épris du paganisme et le fatalaveuglement des familles!
Ce système d’éducation profane était continuésous une autre forme dans l’enseignement supérieurdes universités et des cloîtres, sans excepter ceuxdes dominicains, bien que l’étude de la philosophiescolastique fût interdite par les constitutions desaint Dominique, sauf les cas de dispense (3). Lalogique d’Aristote, surchargée de subtilités nou-velles, assujettissait à ses procédés arides et froide-
(1) Voir la fin du sermon pour le III e dimanche de l’Avent 1495,dans le recueil déjà cité.
(2) Voir la fin du sermon pour le lundi après le III e dimanche deCarême, ibid.
(S) Sermon pour le lundi après le III e dimanche de Carême.