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l’art chrétien.
humaine clans une assistance supérieure qui ne pou-vait lui manquer(i).
Il ne fallait rien moins qu’un pareil secours pourpurifier tout ce que le paganisme avait souillé; caril n y avait pas une seule branche des sciences oudes arts, pas une seule faculté de l’esprit humainqui eût échappé à cette contagion. A force de seprosterner devant celte vieille idole, on avait finipar se dégoûter de l’ignominie de la croix, et Burla-machi nous dit que Savonarole trouva Florenceremplie de gens nobles, habiles, ingénieux et re-gorgeant de sagesse humaine, qui non-seulementavaient perdu la foi, mais encore se moquaient deceux qui l’avaient conservée, et encore plus de ceuxqui ladéfendaient (2). Il y avait des artistes du pre-mier ordre qui avouaient naïvement qu’ils 11e l’a-vaient jamais eue, et parmi ceux qui gardaient plusde mesure pour éviter le scandale, la profession duchristianisme se bornait le plus souvent à des prati-ques extérieures. Les maîtres chargés de l’éducationpublique 11e donnaient pour la plupart que des ali-ments empoisonnés à l’esprit de la jeunesse, tour-nant exclusivement son admiration vers les fablesde la mythologie grecque, ou vers les héros desanciennes républiques, et 11e lui laissant même pas
(1) Il y avait des prêtres et des moines qui refusaient l'absolutionà quiconque assistait aux sermons de Savonarole. Voir le sermon dumardi de Pâques de l’année 1495, dans le recueil imprimé à Florence,l'année suivante, 1 vol. in-4°.
(2) Burlamachi, Vita di Fra Gir. Savonarola, p. 87.