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LART CHRETIEN.
grossit bientôt si considérablement, qu’il fallut setransporter dans l’église du couvent, laquelle setrouva elle-même trop élroite pour contenir l'af-fluence toujours croissante d'auditeurs étrangers,de sorte que l’année suivante (i/jgo), on permità frère Jérôme, qui venait d’être élu prieur deSaint-Marc, d’en réunir un bien plus grand nom-bre dans l’enceinte spacieuse de la cathédrale deFlorence.
Ses premiers sermons furent une exégèse ef-frayante de certains passages de l’Apocalypse, des-quels il déduisait, avec l’accent et l’autorité d’unprophète, l’approche d’une grande crise pour l’É-glise de Dieu, et de tribulations inouïes pour lespeuples qui ne chercheraient pas dans la pénitenceun abri contre sa colère. L’invasion des Français enItalie et l’occupation de Florence par un monarqueétranger ayant vérifié les prédictions qui concer-naient spécialement les Florentins, et ayant fournià Savonarole l’occasion de figurer comme leur libé-rateur, la reconnaissance et la vénération pour l’en-voyé de Dieu se joignirent à l’enthousiasme qu’onavait déjà pour le prédicateur, et l’effet de tous cessentiments réunis fut si puissant et si contagieuxsur toutes les classes de la population, qu’on secroyait reporté aux plus beaux siècles de l’Égliseprimitive (i). Pour avoir leur part de cette mannemiraculeuse qui tombait si abondamment du ciel,
(t) Talche pareva proprio una primitive/, ckiesa. Burlamachi, p. 39.