SAVOMAROLE.
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lui eurent donné l’ordre de l’expliquer; seulementil eut soin d’en retrancher les questions les plus oi-seuses, et de faire ressortir, toutes les fois qu’il entrouvait 1 occasion, la supériorité de l’Écriture saintesur toutes les autorités philosophiques.
Letude de la parole de Dieu , telle qu’elle estcontenue dans l’Ancien et le Nouveau Testament,devint dès lors la passion dominante de toute savie, et au bout de quelques années sa parole,jusque-là traînante et inanimée, devint pénétranteet victorieuse dans la chaire de vérité comme dans lesdiscours les plus familiers 11). Dans un chapitre pro-vincial tenu à Reggio, le célèbre Pic delà Mirandolefut si émerveillé de son éloquence et si épris de labeauté de son âme qu’il crut ne pouvoir pas désor-mais vivre loin de lui (2); et ce fut par suite de l'en-thousiasme avec lecpiel il en parla immédiatementaprès à Laurent de Médicis, que ce dernier fit reve-nir Savonarole à Florence et le plaça dans le couventde Saint-Marc en qualité de lecteur.
Ce fut dans cette retraite, sous un grand rosier deDamas, qui était la principale décoration du jardin,qu’il commença le cours de ses prédications devantun auditoire d’abord peu nombreux, mais qui se
(1) Le premier essai de Savonarole comme prédicateur fut si mal-heureux, qu’à la fin du Carême le nombre de ses auditeurs ne pas-sait pas vingt-cinq. Il leur annonça lui-même que désormais, au lieude prêcher, il s’adonnerait entièrement à l’étude de l’Écriture sainte.
(2) Che non gli pareva poi poter vivere senza lui. Burlamachi,D(a di F. G. Savonarola, édit, de Venise, p. 39.