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l’art chrétien.
tention est confirmée ou démentie par les monu-ments contemporains les plus authentiques, pla-çons nous d’abord dans le point de vue qui nousintéresse immédiatement, et assistons, comme amisde l’art et de la poésie chrétienne, à la lutte si vive,si dramatique et si imposante, soutenue par unsimple moine contre son siècle à la face de l'Italietout entière. Son but est de rétablir le règne duChrist dans le cœur, dans l’esprit et dans l’imagina-tion des peuples, et d’étendre le bénéfice de la ré-demption à toutes les facultés humaines et à tousleurs produits. L’ennemi qu’il combat de toute laforce de son âme et de toute la puissance de sa pa-role, c’est le paganisme dont il a trouvé l’empreintepartout, dans les arts comme dans les mœurs, dansles idées comme dans les actes, dans le cloître commedans les écoles du siècle.
Quand il eut résolu, à l’âge de 22 ans, d’embras-ser la vie religieuse, sa prédilection pour saint Tho-mas d’Aquin l’avait fait entrer de préférence dansl’ordre des dominicains, auxquels ce savant doc-teur avait lui-même appartenu; mais il y était entréavec la ferme résolution de rester toute sa vie simplefrère convers, afin d’échapper par ce moyen au fa-tras d’études profanes et scolastiques par lesquelleson faisait une diversion si funeste au but tout diffé-rent que le fondateur s’était proposé. Néanmoins ilfit ses vœux dans un couvent de Bologne, et mêmeil surmonta sa répugnance pour l’enseignement dela philosophie d’Aristote, du jour où ses supérieurs