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l’art chrétien.
la comparaison, on découvre de notables diffé-rences, non-seulement dans les parties accessoires,mais même dans la partie centrale ; car l’ennemiterrassé par l’Ange de l’école, n’est plus Averroès,ni Avicène, c’est le fameux docteur de l’universitéde Paris, Guillaume de Saint-Amour, le précurseurde Luther et de Calvin, sinon dans l’ensemble deleurs doctrines, du moins dans leur haine contre lesordres religieux; c’est l’ennemi acharné de l 'idéalascétique et des institutions qui ont pour but de leréaliser ; par conséquent, c’était l’ennemi du doubleidéal que Fra Angeüco avait poursuivi pendant savie, et nulle tâche ne pouvait être plus attrayantepour son disciple, que celle de protester, avec sonpinceau, contre une erreur dont la diffusion auraitnécessairement compromis la notion de l’idéal soustoutes ses formes. Il ne s’agissait donc plus seule-ment de décorer un autel, mais de soutenir unethèse, ou plutôt de défendre un dogme, le seuldogme où la compétence de l’artiste soit au moinségale à celle du théologien ; il s’agissait enfin deformuler, au nom de l’école mystique qu’il repré-sentait, un anathème permanent, qui fût en mêmetemps, pour lui-même, un acte de foi, de reconnais-sance et d’amour.
Aussi, au lieu d’exprimer sa pensée par des indi-cations vagues, ou des allusions symboliques, il amis, dans la partie inférieure de son tableau, le faithistorique qui foudroya cette hérésie naissante, jeveux dire la condamnation prononcée, en ia56,