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îArt chrétien.
comme peintre de caractères et comme peintre na-turaliste, en prenant ce mot dans son acception laplus large et en l’appliquant non-seulement àl’homme, mais à tout ce qu’il y a de plus dignede lui et de plus consonant à ses aspirations, dansla création animale et végétale. Aussi voyez saprédilection pour le cheval et le rôle qu’il lui faitjouer, non-seulement dans les combats, où il nepeut représenter que sa fougue, mais dans les pro-cessions et les triomphes, où il peut représentertoute sa majesté, comme on peut le voir dans l’A-doration des Mages du palais Ricardi. Voyez commeil aime à émailler ses gazons d’oiseaux au brillantplumage, comme si ses choix étaient faits en vuede repeupler le paradis terrestre. Quant à ses paysa-ges, la préférence qu’il y donne constamment aupin et au cyprès sur tous les arbres gracieux, leurimprime un caractère de beauté sévère qui est uneharmonie de plus avec les scènes bibliques que sonpinceau avait à tracer.
Hélas! ce ne sont pas seulement des pages de cegrand poème, ce sont des chants entiers qui ontpéri sans retour; je veux dire qu’outre les dégâtspartiels subis par certains compartiments, il y en aplusieurs cjui ont été complètement détruits (1). Ilen faut dire autant de presque toutes les peinturesexécutées par Benozzo Gozzoli pour les églises et les
(I) On a conservé, dans l’Académie des Beaux-Arts de Pise, ledessin original, ou du moins un ancien dessin de la composition quireprésente le voyage de la Reine de Saba.