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ÉCOLE MYSTIQUE.
surtout les vaincus qui attirent l’attention , à causede la variété de leurs attitudes, quand ils sont fou-lés aux pieds des chevaux, et à cause de l’habiletéavec laquelle l’artiste a triomphé des difficultéstechniques que lui offraient les raccourcis auxquelsdonnait lieu la flexion ou la contorsion du corps etdes membres. Dans le second, au contraire, on n’ad’abord d’yeux que pour le vainqueur, dont la posesimple et fière, quand il se montre à Saül avec sonsanglant trophée, rappelle la création favorite deDonatello ; mais peu à peu on se laisse distraire parles contours, savamment tracés, de certaines figuresaccessoires, qui se courbent pour soulever de gros-ses pierres, par les groupes gracieux de femmes etd’enfants dans le lointain, par la beauté du jeuneguerrier, qui recule d’effroi en voyant tomber legéant philistin, enfin par le magnifique profil deJonathas à cheval, sur le second plan, d’un styletellement classique, qu’il est impossible de n’y pasvoir la reproduction exacte d’un monument aperçuet admiré parmi les ruines de l’ancienne Rome.
Ainsi Benozzo Gozzoli, dans le cours de cettelongue tâche, trouva moyen de développer son gé-nie dans toutes les directions possibles. Toujoursdisciple de Fra Angelico, quand il peignait des angesdans le ciel ou sur la terre, il aurait pu passer, jene dis pas pour l’élève, mais pour le rival de Masac-cio dans la science des raccourcis, dans la noblessedes poses, dans la grandeur de l’ordonnance; demême qu’il aurait pu rivaliser avec Victor Pisanello,