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2 (1861)
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ÉCOLE MYSTIQUE.

surtout les vaincus qui attirent lattention , à causede la variété de leurs attitudes, quand ils sont fou-lés aux pieds des chevaux, et à cause de lhabiletéavec laquelle lartiste a triomphé des difficultéstechniques que lui offraient les raccourcis auxquelsdonnait lieu la flexion ou la contorsion du corps etdes membres. Dans le second, au contraire, on nadabord dyeux que pour le vainqueur, dont la posesimple et fière, quand il se montre à Saül avec sonsanglant trophée, rappelle la création favorite deDonatello ; mais peu à peu on se laisse distraire parles contours, savamment tracés, de certaines figuresaccessoires, qui se courbent pour soulever de gros-ses pierres, par les groupes gracieux de femmes etdenfants dans le lointain, par la beauté du jeuneguerrier, qui recule deffroi en voyant tomber legéant philistin, enfin par le magnifique profil deJonathas à cheval, sur le second plan, dun styletellement classique, quil est impossible de ny pasvoir la reproduction exacte dun monument aperçuet admiré parmi les ruines de lancienne Rome.

Ainsi Benozzo Gozzoli, dans le cours de cettelongue tâche, trouva moyen de développer son gé-nie dans toutes les directions possibles. Toujoursdisciple de Fra Angelico, quand il peignait des angesdans le ciel ou sur la terre, il aurait pu passer, jene dis pas pour lélève, mais pour le rival de Masac-cio dans la science des raccourcis, dans la noblessedes poses, dans la grandeur de lordonnance; demême quil aurait pu rivaliser avec Victor Pisanello,