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2 (1861)
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laUT CHIUÏÏIIiN.

et lesPisans purent se vanter, à bon droit, de na-voir rien perdu pour attendre , surtout sils étaientdécidés davance à faire peindre une série de sujetstirés de l'histoire de lAncien et du Nouveau Testa-ment ; car il ny avait alors, ni dans lécole Floren-tine ni dans lécole Ombrienne, aucun artiste réu-nissant, au même degré cpie Benozzo, toutes lesconditions nécessaires pour lexécution de cette gi-gantesque entreprise, dans laquelle, suivant léner-gique expression deVasari, il y avait de quoi épou-vanter une légion de peintres.

En effet, il sagissait de distribuer, dans vingt-quatre grands compartiments, les faits les plus sail-lants de la Bible, depuis Noé jusquà Salomon, cest-à-dire quil fallait un pinceau qui ne fût point dé-concerté parla diversité des scènes et des caractères,et un génie dans lequel la naïveté se combinât avecla grandeur. Il fallait alternativement de la force etde la grâce ; il fallait une parfaite entente de la tech-nique de lart et des perfectionnements nouveaux,dus à lécole naturaliste; et il fallait savoir appli-quer, aussi bien quelle et sur une plus grandeéchelle, la science de la perspective et les autresconquêtes dont elle était si fière. Or, tout cela setrouve dans ces incomparables fresques de Be-nozzo Gozzoii. Les larges concessions quil a faitesau naturalisme historique, en introduisant dans sescompositions, comme il lavait déjà fait à Florence,les portraits des plus célèbres personnages de sontemps, ne donnent lieu à aucune disparate ni à au-