394
l’aUT CHIUÏÏIIiN.
et lesPisans purent se vanter, à bon droit, de n’a-voir rien perdu pour attendre , surtout s’ils étaientdécidés d’avance à faire peindre une série de sujetstirés de l'histoire de l’Ancien et du Nouveau Testa-ment ; car il n’y avait alors, ni dans l’école Floren-tine ni dans l’école Ombrienne, aucun artiste réu-nissant, au même degré cpie Benozzo, toutes lesconditions nécessaires pour l’exécution de cette gi-gantesque entreprise, dans laquelle, suivant l’éner-gique expression deVasari, il y avait de quoi épou-vanter une légion de peintres.
En effet, il s’agissait de distribuer, dans vingt-quatre grands compartiments, les faits les plus sail-lants de la Bible, depuis Noé jusqu’à Salomon, c’est-à-dire qu’il fallait un pinceau qui ne fût point dé-concerté parla diversité des scènes et des caractères,et un génie dans lequel la naïveté se combinât avecla grandeur. Il fallait alternativement de la force etde la grâce ; il fallait une parfaite entente de la tech-nique de l’art et des perfectionnements nouveaux,dus à l’école naturaliste; et il fallait savoir appli-quer, aussi bien qu’elle et sur une plus grandeéchelle, la science de la perspective et les autresconquêtes dont elle était si fière. Or, tout cela setrouve dans ces incomparables fresques de Be-nozzo Gozzoii. Les larges concessions qu’il a faitesau naturalisme historique, en introduisant dans sescompositions, comme il l’avait déjà fait à Florence,les portraits des plus célèbres personnages de sontemps, ne donnent lieu à aucune disparate ni à au-