ECOLE MYSTIQUE.
cune perturbation dans les actions représentées ,car tous, acteurs et assistants, portent les costumescontemporains, ce qui rend l'illusion encore pluscomplète ; à quoi il faut ajouter que ces témoinsimpassibles, admis comme remplissage innocent oucurieux, ne figurent jamais dans les scènes où leurprésence n’est pas désirable. Quant à la perspectiveappliquée, soit aux fonds d’architecture, soit auxraccourcis des figures ou des membres, ces applica-tions sont tellement nombreuses et presque toujourstellement heureuses dans les fresques dont nous par-lons, qu’on serait tenté de croire que Benozzo avaitfait de cette partie scientifique de son art l’objetd’une étude toute spéciale. Il y a plus, c’est qu’envoyant le goût exquis des édifices moitié gothiques etmoitié classiques dont il a décoré certains comparti-ments, ceux, par exemple, où il a représenté la nais-sance de Jacob et d’Ésaii, l’enfance de Moïse et larencontre de Joseph avec ses frères, en voyant cetterichesse d’invention, cette combinaison pittoresquedes lignes, ce mélange si harmonieux de divers sty-les , cette exploitation si sobre et si originale desruines antiques, qu’il avait sans doute étudiéesdans sa jeunesse, on se demande si l’élève de FraAngelico n’avait pas été en même temps l’élève deMichelozzo, ou si, en combinant ses propres ob-servations avec les études faites sur les dessins dece dernier, il n’avait pas préparé ainsi, longtempsd’avance, de riches provisions pour ses composi-tions futures.