récOLE MYSTIQUE. 393
rent, saint Côme et saint Damien, à titre de patronsde la dynastie qu’on pouvait dès lors appeler ré-gnante ; mais cette identité de personnages n’anui en rien à l’originalité de l’artiste, soit dans samanière, soit dans le choix de ses types, égale-ment remarquables par leur noblesse et par leursuavité.
Enfin, en 1468, nous trouvons Benozzo Gozzolià Pise, commençant, dans le Campo-Santo, cetteimmense tâche qui a rendu son nom justement im-mortel, et qui occupa son pinceau pendant seizeannées consécutives, ce qui veut dire qu’il y travail-lait encore dans ses vieux jours; mais cette villede Pise avait une singulière vertu dont nous avonsdéjà observé l’effet sur les artistes du xiv° siècle. Ilsemblait qu’on y échappât miraculeusement à la dé -cadence. Il est vrai que nulle retraite ne sauraitêtre mieux adaptée aune imagination poétique,quisent décliner sa vigueur, sans renier pour cela lesobjets de son enthousiasme. Entre tous ces beauxmonuments d’architecture, empreints de je ne saisquelle grandeur mêlée de tristesse, l’âme de l’artistechrétien se familiarise plus aisément avec les aspi-rations élevées, et le goût de ces aspirations n’estpas, Dieu merci, un de ceux qui se refroidissentavec l’âge.
Huit peintres avaient travaillé à couvrir de pein-tures bibliques ou légendaires le mur méridional duCampo-Santo. Le mur septentrional attendait, de-puis près de soixante-dix ans, la même décoration,