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l’art chrétien.
ou le Crucifiement de l’église des Olivetains, lequeloffre, hélas ! si peu de ressemblance avec les repré-sentations du même sujet dans le couvent de Saint-Marc. C’est à Certaldo, dans une des salles de l’an-cien Prétoire (i), que se trouve le plus heureux fruitde cette collaboration, parce qu’elle avait alorsduré plus de deux ans, et que le disciple avait eu letemps de s’approprier, du moins en partie , la ma-nière de son nouveau maître.
Ainsi, pendant cette période décisive où tout sem-blait favoriser l’essor déjà pris par son génie, Be-nozzo Gozzoli, entravé par une mystérieuse in-fluence, ne fit rien qui mérite la qualification dechef-d’œuvre, à moins qu’on ne veuille appeler dece nom l’adoration des mages, qu’il peignit, à luiseul, pour la cathédrale de Volterra; ou, mieux en-core, le magnifique tableau qu’il fit pour l’églisedu couvent de Saint-Jérôme, hors des murs, et danslequel il lui était facile de s’inspirer de ses souvenirspersonnels , puisque toutes les figures qu’il avait àtracer étaient, après les héros Dominicains, cellesqui avaient été le plus souvent reproduites, sous sesyeux, par le pinceau de Fra Angelico; c’étaient,outre la Vierge et l’Enfant-Jésus, saint Jérôme,saintFrançois et saint Antoine de Padoue, à titre d’ini-tiateurs à la vie contemplative; c’étaient saint Lau-
(I) Cette fresque, qui est aujourd’hui dans une étable, représenteune pietà. Elle était jadis dans le Tabernacolo dei Giustiziati, ce quisemblerait signifier que les condamnés allaient y prier avant leurexécution.