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2 (1861)
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ECOLE MYSTIQUE.

que surtout dans le roi qui est en face de lautel, etdont la beaute, melée de douceur et de fierté, laissedeviner une âme qui a la conscience de son équi-libre.

Les lettres que lartiste écrivait à son patron,pendant quil était occupé de ce travail, prouventquil y mettait toute lapplication dont il était ca-pable. Elles prouvent aussi que sa patience avait àsubir de rudes épreuves, et que le patronage dePierre de Médicis ne méritait pas toujours la com-paraison quon en faisait avec une rosée fécondante.Ce magnifique seigneur, qui sentendait peu auxcréations de lart mystique et qui ne voulait pasquitter sa villa de Carreggi, à cause des chaleurs dela canicule, critiquait, sans les avoir vus, les séra-phins et les nuages, et laissait presque mourir defaim le malheureux artiste qui navait dautre res-source que son pinceau très-peu lucrativement em-ployé. Si on lui payait un à-compte, cétait si peu dechose quil pouvait douter si ce nétait pas une au-mône. Un jour, il osa croire que son travail étaitsuffissamment avancé pour lui donner le droit deréclamer une partie du payement convenu, et il de-manda quarante florins, pour acheter ses provisionsdhiver. Soit oubli, soit dédain, cette demanderesta sans réponse, et la pauvreté imposa si biensilence à la fierté, quune seconde lettre fut écrite,dans laquelle on lit ces paroles navrantes : « Jagi-« tais en moi-même une grande pensée,et cette pen-« sée était de ne vous rien demander, jusquà ce