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ECOLE MYSTIQUE.
que surtout dans le roi qui est en face de l’autel, etdont la beaute, melée de douceur et de fierté, laissedeviner une âme qui a la conscience de son équi-libre.
Les lettres que l’artiste écrivait à son patron,pendant qu’il était occupé de ce travail, prouventqu’il y mettait toute l’application dont il était ca-pable. Elles prouvent aussi que sa patience avait àsubir de rudes épreuves, et que le patronage dePierre de Médicis ne méritait pas toujours la com-paraison qu’on en faisait avec une rosée fécondante.Ce magnifique seigneur, qui s’entendait peu auxcréations de l’art mystique et qui ne voulait pasquitter sa villa de Carreggi, à cause des chaleurs dela canicule, critiquait, sans les avoir vus, les séra-phins et les nuages, et laissait presque mourir defaim le malheureux artiste qui n’avait d’autre res-source que son pinceau très-peu lucrativement em-ployé. Si on lui payait un à-compte, c’était si peu dechose qu’il pouvait douter si ce n’était pas une au-mône. Un jour, il osa croire que son travail étaitsuffissamment avancé pour lui donner le droit deréclamer une partie du payement convenu, et il de-manda quarante florins, pour acheter ses provisionsd’hiver. Soit oubli, soit dédain, cette demanderesta sans réponse, et la pauvreté imposa si biensilence à la fierté, qu’une seconde lettre fut écrite,dans laquelle on lit ces paroles navrantes : « J’agi-« tais en moi-même une grande pensée,et cette pen-« sée était de ne vous rien demander, jusqu’à ce