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l’art chrétien.
tel, sur lequel était déjà placé, depuis deux ans, untableau delà Nativité, peint par une autre main, etcette main était celle de Fra Filippo Lippi ; et l’œu-vre deBenozzo Gozzoli devait ainsi être subordon-née à la sienne et lui servir, pour ainsi dire, d’intro-duction.
Cela n’empêcha pas le peintre mystique de pro-duire un chef-d’œuvre et de se montrer, plus quejamais, digne de son maître; car on peut dire quece dernier ne produisit jamais rien de plus suave,rien de plus vraiment céleste que les anges en ado-ration, adroite et à gauche de l’autel. Sous ce rap-port, il lui était impossible de faire autre chose quede l’égaler; mais il a fait davantage dans les partiesaccessoires et particulièrement dans les fonds depaysage et dans une foule de charmants détails qu’ila su emprunter à la nature animale et végétale,mais en les mettant toujours en harmonie avec l’ef-fet général de sa composition.
Là ne se borne pas sa supériorité sur Fra Angelico.Ce dernier n’a jamais tracé de figure aussi grandioseque les trois rois à cheval, dans la procession. Il ya, dans leur pose, dans leurs traits et dans leur phy-sionomie , je ne sais quelle lueur de cet idéal hé-roïque auquel il n’est donné qu’à bien peu d’artistesd’atteindre, et que Benozzo Gozzoli avait pu voirréalisé plus ou moins dans certains capitaines Om-briens. Il y a, dans leurs regards, quelque chosequi exprime si bien ce que j’appellerais volontiersl’adoration anticipée! Cette anticipation se rernar-