Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
386
Einzelbild herunterladen
 

380

lart chrétien.

tel, sur lequel était déjà placé, depuis deux ans, untableau delà Nativité, peint par une autre main, etcette main était celle de Fra Filippo Lippi ; et lœu-vre deBenozzo Gozzoli devait ainsi être subordon-née à la sienne et lui servir, pour ainsi dire, dintro-duction.

Cela nempêcha pas le peintre mystique de pro-duire un chef-dœuvre et de se montrer, plus quejamais, digne de son maître; car on peut dire quece dernier ne produisit jamais rien de plus suave,rien de plus vraiment céleste que les anges en ado-ration, adroite et à gauche de lautel. Sous ce rap-port, il lui était impossible de faire autre chose quede légaler; mais il a fait davantage dans les partiesaccessoires et particulièrement dans les fonds depaysage et dans une foule de charmants détails quila su emprunter à la nature animale et végétale,mais en les mettant toujours en harmonie avec lef-fet général de sa composition.

ne se borne pas sa supériorité sur Fra Angelico.Ce dernier na jamais tracé de figure aussi grandioseque les trois rois à cheval, dans la procession. Il ya, dans leur pose, dans leurs traits et dans leur phy-sionomie , je ne sais quelle lueur de cet idéal hé-roïque auquel il nest donné quà bien peu dartistesdatteindre, et que Benozzo Gozzoli avait pu voirréalisé plus ou moins dans certains capitaines Om-briens. Il y a, dans leurs regards, quelque chosequi exprime si bien ce que jappellerais volontiersladoration anticipée! Cette anticipation se rernar-