ÉCOLE MYSTIQUE. 881
dont le succès toujours croissant décréditait lestendances opposées aux siennes. Heureusement cediscrédit s’arrêtait aux frontières de la République.Au delà, sans aller bien loin, on trouvait des villesoù les traditions orthodoxes, en matière d’art,étaient encore très-vivaces. A Pise, à Sienne, à Or-vieto, dans toute l’Ombrie et surtout dans la capi-tale du monde chrétien, elles conservaient tout leurempire sur les imaginations, et cet empire allaitnécessairement être plus affermi que jamais par unpatronage comme celui de Nicolas V, et par desœuvres comme celles queFra Angelico était appeléà exécuter dans le Vatican.
Voilà comment je m’explique le prompt départde Benozzo Gozzoli pour Rome, et la rareté de sesapparitions à Florence. Dès i/j47> nous le trouvonsà Orvieto, où il avait accompagné son maître,comme collaborateur subalterne ; nous l’y retrou-vons en 1449 » demandant en vain à le remplacerdans la tâche à laquelle il avait renoncé, puis su-bissant une épreuve préliminaire, dont il paraît quele résultat ne lui fut pas favorable. C’est immédia-tement après qu’il faut placer les travaux exécu-tés par lui à Rome, le tableau de la Minerve, lesfresques de Sainte-Marie-Majeure, depuis longtempsdétruites, et celles de l’église d’Araceli, qui onteu le même sort, mais dont la perte est bien plusregrettable, parce qu’elles étaient une sorte decommémoration de la mort héroïque du cardi-nal Cesarini, tué en 1 444 > avec tant d’autres