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T.\\nT CHRÉTIEX.
Nous savons en effet que don Lorenzo le Canial-dule avait placé le portrait de Dante dans la grandefresque de la chapelle des Ardinghelli, dont nousparlerons bientôt, et pour ce qui est des Domini-cains, ils ne se contentaient pas de posséder sonimage et de lui emprunter des inspirations ; maisils avaient dans leur couvent de Saint-Marc, à Flo-rence, une espèce de chronique vivante qui s’appe-lait frère Eustache, moine exemplaire et miniaturisteexcellent, mais surtout admirateur passionné desvers de Dante, qu’il savait par cœur et qu’il récitaitavec bonheur jusque dans son extrême vieillesse.
Si l’influence exercée par le poète Florentin surl’école mystique avait besoin d’être confirmée pard’autres preuves, on les trouverait dans la compa-raison de certains passages du poème avec certainesœuvres de prédilection des grands artistes de cetteécole. Ne dirait-on pas, en voyant la manière dontFra Angelico a traité son sujet favori de XAnnon-ciation, qu’il avait présent à la pensée ce vers dudixième chant du Purgatoire :
Giurato si saria ch’ ei dicesse Arel
et l’expression de certains visages d’anges et de bien-heureux dans quelques-uns de ses tableaux les plusconnus, ne rappelle-t-elle pas ces deux autres verssi remarquables du même poème :
Ficcando gli occki verso l’ Oriente,
Coine dicesse a Dio : D’altro non calme ( 1 ) !
(1) l'urgatorio, canto ix.