ECOLE MYSTIQUE.
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Ainsi, c’est en partie sous les auspices du poëtele plus mystique que le christianisme ait produit,qu’apparaît, a Florence, le premier groupe d’artistesauxquels nous donnons cette qualification parexcellence; et, comme cette apparition coïncideavec le mouvement que détermina, dans une direc-tion contraire, le culte de la littérature antique, ilen résulte un parallélisme ou plutôt un antagonismequi donne une sorte d’intérêt dramatique à l’his-toire de l’art, pendant toute la durée du quinzièmesiècle.
Les deux ordres privilégiés que nous avons déjànommés, les Dominicains et les Camaldules, sem-blèrent avoir dès lors le pressentiment de la frater-nité qui devait les unir jusqu’au pied du bûcher deSavonarole ; fraternité dont on peut voir le tou-chant emblème dans le tableau de la descente decroix de Fra Angelico, qui voulut que la partie su-périeure fût peinte par don Lorenzo. C’était à l’é-poque où ces deux artistes travaillaient de concertà la décoration de l’église de la Trinité, la plusprivilégiée, sous ce rapport, entre toutes les églisesde Florence (i).
Le couvent de Sainte-Marie-des-Anges, auquelappartenait don Lorenzo le Camaldule, avait déjàproduit, avant lui, plusieurs miniaturistes célèbresdont les ouvrages disséminés d’un bout à l’autre de
(■) H y a, dans l'Académie des beaux-arts, une predella de FraAngelico, dont un compartiment avait été peint par don Lorenzo.