ÉCOLE MYSTIQUE.
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Angelico, qui traça cette image qu’on y voit encoreaujourd’hui. Par un privilège non moins extraordi-naire, les pères du concile de Constance, tout absor-bés qu’ils étaient par des questions vitales s’occu-pèrent du poème de Dante comme d’un monumentdont la glorification intéressait la chrétienté toutentière, et, pour mettre à la portée du plus grandnombre possible de lecteurs la beauté de l’ordon-nance et la grandeur des idées, ils chargèrent unfrère mineur, FraGiovanni daSerravale, de traduireet de commenter la Divine Comédie en latin, c’est-à-dire dans une langue non moins universelle quel’Eglise catholique elle-même.
Les peintres qui avaient exploité l’ouvrage deDante dans le cours du quatorzième siècle, avaient eul’imagination plus particulièrement frappée par ladescription de l’enfer. Cette donnée ne pouvait avoiraucun attrait pour une école dont l’esprit et les ten-dances sont représentées par le bienheureux Ange-lico, qui était bien forcé de mettre des damnés dansses tableaux du jugement dernier, mais qui les ymettait à contre-cœur, ou laissait ce soin subalterneà d’autres mains que les siennes. C’était donc dansle Purgatoire et dans le Paradis que les peintresallaient chercher leurs inspirations, et voilà ce quiexplique pourquoi les deux ordres religieux les pluscélèbres dans l’histoire de l’art chrétien, les Domi-nicains et les Camaldules, furent plus familiarisésque les autres avec les beautés mystiques de la Di-vine Comédie.