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2 (1861)
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327
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ÉCOLE MYSTIQUE.

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Angelico, qui traça cette image quon y voit encoreaujourdhui. Par un privilège non moins extraordi-naire, les pères du concile de Constance, tout absor-bés quils étaient par des questions vitales soccu-pèrent du poème de Dante comme dun monumentdont la glorification intéressait la chrétienté toutentière, et, pour mettre à la portée du plus grandnombre possible de lecteurs la beauté de lordon-nance et la grandeur des idées, ils chargèrent unfrère mineur, FraGiovanni daSerravale, de traduireet de commenter la Divine Comédie en latin, cest-à-dire dans une langue non moins universelle quelEglise catholique elle-même.

Les peintres qui avaient exploité louvrage deDante dans le cours du quatorzième siècle, avaient eulimagination plus particulièrement frappée par ladescription de lenfer. Cette donnée ne pouvait avoiraucun attrait pour une école dont lesprit et les ten-dances sont représentées par le bienheureux Ange-lico, qui était bien forcé de mettre des damnés dansses tableaux du jugement dernier, mais qui les ymettait à contre-cœur, ou laissait ce soin subalterneà dautres mains que les siennes. Cétait donc dansle Purgatoire et dans le Paradis que les peintresallaient chercher leurs inspirations, et voilà ce quiexplique pourquoi les deux ordres religieux les pluscélèbres dans lhistoire de lart chrétien, les Domi-nicains et les Camaldules, furent plus familiarisésque les autres avec les beautés mystiques de la Di-vine Comédie.